Les Nations Unies et les alertes précoces

Image: UNDRR/Amir Jina/Flickr

Reconnaissant l'utilité des systèmes d'alerte précoce, les Nations Unies ont mis en place des systèmes d'alerte précoce et préconisent leur mise en œuvre et/ou leur amélioration depuis plusieurs décennies. Elle l'a fait grâce aux efforts dévoués d'institutions spécialisées, telles que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO (UNESCO-COI), et grâce à des conférences internationales sur la réduction des risques de catastrophe et l'alerte rapide, qui ont conduit à l'adoption de cadres et d'initiatives internationaux pour mettre en œuvre et renforcer les systèmes d'alerte rapide.

Les efforts d'alerte précoce des institutions spécialisées

UNESCO-COI

Depuis le début des années 1960, la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO (UNESCO-COI) travaille avec les gouvernements du monde entier et d'autres organisations régionales et internationales pour coordonner la mise en œuvre de systèmes d'alerte précoce aux tsunamis dans les océans et certaines mers. Le programme de la COI sur les tsunamis s'efforce d'améliorer continuellement les systèmes d'alerte précoce aux tsunamis dans le monde entier. À ce jour, des systèmes d'alerte rapide aux tsunamis ont été mis en place dans les zones géographiques suivantes :

  • Océan Pacifique
  • Océan Indien
  • Océan Atlantique Nord et mer Méditerranée
  • Mer des Caraïbes

Les systèmes d'alerte aux tsunamis s'appuient sur des fournisseurs des services tels que le Centre d'alerte aux tsunamis dans le Pacifique à Hawaï, qui surveillent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 les données relatives aux séismes et les données générées par les bouées déployées en mer, comme le DART (Deep-Ocean Assessment and Reporting of Tsunamis), pour évaluer si un tremblement de terre a déclenché un tsunami. Ces fournisseurs de services relatifs aux tsunamis transmettent des bulletins et d'autres produits aux bureaux météorologiques nationaux ou aux centres nationaux d'alerte aux tsunamis (NTWC) dans les pays exposés aux tsunamis en utilisant divers moyens de communication (satellite, Internet, sms ou fax) afin qu'au niveau national, les NTWC et les agences nationales de gestion des catastrophes puissent émettre des alertes en cas de tsunamis. 

Image: UNESCO-COI.

FAO

En réponse aux crises alimentaires des années 1970, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a décidé de créer le Système mondial d'information et d'alerte rapide sur l'alimentation et l'agriculture (SMIAR). Le SMIAR rassemble et examine des données sur une variété de sujets, y compris la production, la consommation et le commerce alimentaires mondiaux, car cela est essentiel pour évaluer les conditions potentielles d'insécurité alimentaire dans les pays du monde entier.  

Le SMIAR combine une variété de données provenant de sources à différents niveaux (du niveau mondial, par exemple l'observation de la Terre, au niveau local) afin de produire des rapports utiles pour les décisions politiques prises par les gouvernements aux niveaux national et local. En outre, les informations générées par le SMIAR sont utilisées par la FAO dans des rapports régionaux, des bulletins, ainsi que dans les mises à jour et les alertes spéciales du SMIAR.

Dans le cadre de ses activités, la FAO déploie également des efforts d'alerte précoce en cas d'insectes tels que les invasions de criquets ou les essaims. 

Image: FAO.

OMS

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) surveille toutes les maladies potentielles susceptibles de se propager dans le reste du monde, y compris celles transmises par des virus. En 2005, l'OMS a lancé la troisième édition du Règlement sanitaire international qui établit la manière dont l'OMS et les pays traiteront les maladies transmissibles dans le monde. L'objectif et la portée de ce règlement sont "de prévenir et de combattre la propagation internationale des maladies, de s'en protéger, de la maîtriser et d'y apporter une réponse de santé publique proportionnée et limitée aux risques pour la santé publique, et qui évite toute entrave inutile au trafic et au commerce internationaux".

Dans le cadre de ce règlement, les autorités sanitaires nationales doivent notifier à l'OMS, dans les 24 heures suivant l'évaluation des informations de santé publique, tous les événements susceptibles de constituer une urgence de santé publique de portée internationale sur son territoire, conformément à l'instrument de décision, ainsi que toute mesure sanitaire mise en œuvre en réponse à ces événements.  Le Directeur général de l'OMS détermine, sur la base des informations reçues, si un événement constitue une urgence de santé publique de portée internationale.  Dans ce cas, l'OMS collaborera en fournissant des orientations et une assistance techniques et en évaluant l'efficacité des mesures de lutte en place, y compris la mobilisation d'équipes internationales d'experts pour une assistance sur place, si nécessaire.

En cas de pandémie potentielle, l'OMS applique une procédure à six niveaux pour suivre les cas et avertir les autres pays des transmissions potentielles. Cette procédure comprend des orientations sur plusieurs sujets, notamment la planification et la coordination, la surveillance et l'évaluation de la situation, les communications, la réduction de la propagation de la maladie et la continuité des soins de santé.  

Dans le cadre de ses efforts d'alerte précoce, l'OMS gère son Centre d'opérations sanitaires stratégiques (SHOC) 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour surveiller les événements de santé publique mondiaux et faciliter la collaboration internationale lors des urgences de santé publique et des opérations quotidiennes. Sur la base des informations générées par le SHOC et l'OMS, les ministères de la santé des pays prennent les mesures appropriées pour prévenir ou limiter la propagation des maladies.  

En collaboration avec la FAO et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l'OMS a lancé le système mondial d'alerte rapide pour les menaces sanitaires et les risques émergents à l'interface homme-animal-écosystèmes (GLEWS).  Son objectif est d'informer les mesures de prévention et de contrôle, grâce à la détection rapide et à l'évaluation des risques des menaces sanitaires et des événements potentiellement préoccupants à l'interface homme-animal-écosystèmes. 

Bref historique des efforts des Nations unies pour promouvoir les systèmes d'alerte précoce

Un premier effort des Nations unies en matière d'alerte rapide a été mené sous l'égide de la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO (UNESCO-COI), afin de coordonner les efforts déployés par les différents pays du bassin du Pacifique pour mettre en œuvre le système d'alerte rapide aux tsunamis dans le Pacifique après le tremblement de terre catastrophique de Valdivia (Chili) en 1960. L'UNESCO-COI a ensuite entrepris de lancer des systèmes d'alerte rapide aux tsunamis dans l'océan Indien, l'Atlantique Nord, la Méditerranée et la mer des Caraïbes. 

Pour continuer à promouvoir le programme d'alerte rapide au niveau international à la fin des années 1980, les Nations unies ont lancé en 1990 la Décennie internationale de la prévention des catastrophes naturelles. Cette décennie a vu la première systématisation des systèmes d'alerte précoce au niveau mondial couvrant une variété de risques naturels, qui a été menée par plusieurs groupes de travail d'experts créés à cet effet. Cette systématisation a abouti à la publication des Principes directeurs pour une alerte précoce efficace.    

La deuxième conférence internationale sur l'alerte précoce s'est tenue à Bonn, en Allemagne, en octobre 2003. Cette conférence a établi les éléments d'un système d'alerte précoce efficace et centré sur les personnes.  Cette conférence a été organisée par la Stratégie internationale des Nations Unies pour la prévention des catastrophes de l'époque et par le gouvernement fédéral allemand. Sur la base des résultats de cette conférence, l'UNISDR a créé la Plateforme pour la promotion de l'alerte précoce (PPEW) qui a fonctionné entre 2004 et 2009. 

Lors de la deuxième conférence mondiale sur la prévention des catastrophes, qui s'est tenue à Kobe, au Japon, en 2005, plus de 160 gouvernements ont lancé le Cadre d'action de Hyogo, dont l'un des principaux domaines prioritaires était la nécessité de renforcer les systèmes d'alerte précoce.

La troisième conférence internationale sur l'alerte précoce s'est tenue à Bonn, en Allemagne, en 2006, et a réaffirmé la nécessité de renforcer les systèmes d'alerte précoce compte tenu des effets dévastateurs du tsunami de décembre 2004 dans l'océan Indien. L'un des documents publiés lors de cette conférence était Developing Early Warning Systems : a Checklist.  

En mars 2015, plus de 190 gouvernements se sont réunis à Sendai, au Japon, pour participer à la troisième conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophe et pour lancer le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030, qui réitère l'appel à déployer des efforts pour mettre en œuvre ou améliorer les systèmes d'alerte rapide multirisques. Au cours de cette conférence, l'UNOOSA, l'OMM, l'UNDRR et d'autres organisations internationales, régionales et nationales ont lancé le Réseau international sur les systèmes d'alerte précoce multirisques (IN-MHEWS) comme moyen de continuer à promouvoir les efforts d'alerte précoce dans le monde entier. 

IN-MHEWS a organisé deux autres conférences : l'une à Cancun, au Mexique, en 2017, et l'autre à Genève en 2019. En outre, en 2019, elle a lancé une version révisée de la publication Multi-Hazard Early Warning Systems : a Checklist. 

 

Zircon - This is a contributing Drupal Theme
Design by WeebPal.